Contrairement à ce qu'on pourrait croire — et surtout à ce que pourraient faire croire les prises de tête d'avant départ — les ennuis administratifs ne sont absoluement pas finis en sortant de l'aéroport de Séoul...


D'abord, il y a l'administration étatique coréenne qui demande des formalités administratives. Pour rester plus de 90 jours en Corée, il faut faire une déclaration et obtenir ce qu'on appelle une « alien card » (oui, ça fait un peu peur comme nom). En fait, il faut la faire faire avant les 90 jours, mais il est très fortement recommandé de la faire le plus rapidement possible, parce que ça offre des tas d'avantages (notemment au niveau bancaire).

Pour faire cette carte, il faut deux papiers (à obtenir au International Relations Office), un passeport et 10 000 Wons. En fait, ça, ça va. Mais il faut aussi aller au bureau de l'immigration de Pohang (un tout petit truc sur le port, à 1/2 heure en bus si ça roule bien), et ils gardent le passeport pendant une semaine, le temps de faire la carte...


Là où ça se gâte, c'est les problèmes administratifs avec l'UTT (mon école), en France.

Parce qu'à l'UTT, il faut faire valider des équivalence : « Telle UV suivie à l'étranger doit correspondre à une UV en France, UV qu'on te validera pour ton cursus ». Il ne faut pas que ça corresponde exactement, mais que ça rentre dans la formation.

Pour éviter les ennuis, on fait un pré-choix d'UVs avant de partir, histoire de s'assurer qu'on part pas dans une université où il n'y a aucune formation correspondant à la nôtre.

Sauf que, évidemment, on ne peut pas faire ça avec la liste d'UVs définitive, et que donc c'est indicatif...

Du coup, quand j'arrive ici, que se passe-t-il ?

  • Y'a plein d'UVs qui ne sont pas enseignées (mais plein en plus). Manque de bol, c'est les plus intéressantes qui ne sont plus enseignées.
  • Il y a confusion de semestres : si en France ils sont au premier semestre de l'année scolaire 2008-2009, ici on est au deuxième semestre de l'année 2008, ce qui est logique. Mais si on ne fait pas attention...
  • Contrairement à ce qui a été prévu, beaucoup de professeurs ont refusé de faire leurs UVs en anglais. À un tel point que le bureau des relations internationales a battu le rappel des étudiants pour avoir des infos et vérifier que tout allait bien à ce sujet !
  • Un certain nombre, non négligeable, d'UVs, ont tout purement et simplement été annulées (souvent par manque d'effectif). Sans prévenir ni les étudiants, ni les services concernés, d'ailleurs... C'est ça le problème d'être en « Graduate ».

Quand on a fini par trouver des UVs ouvertes et en anglais, c'est la France qui s'en mêle :

  • Les UVs sont à peu près identiques à ce que j'ai déjà fait, donc elles ne sont pas validables une seconde fois (et de toutes façon, j'ai pas envie de les refaire une seconde fois).
  • Les UVs « ne correspondent pas assez à la formation »
  • Elles sont « trop proche les une des autres, on ne peut en valider qu'une sur les deux
  • Elles sont « orientée recherche et conviennent difficilement » (cela dit, j'ai effectivement une UV très orientée « recherche »).

Oh, et bien sûr, il faut gérer ça avec 7 heures de décalage horaire, ce qui rend les échanges très simples, n'est-ce pas ?

Donc voilà, j'ai réussi à trouver des UVs, et à convaincre le responsable en France que c'est des UVs valables, et que de toutes façons je n'avais pas trop le choix. Y'a plus qu'à espérer qu'au jury d'équivalences, ils comprennent ça.

Pour ceux que ça intéresse, je fais :

  • Systèmes d'exploitation
  • Interactions homme-machine basées sur la vision (à forte connotation « recherche »)
  • Compréhension de l'art. La première partie est sur l'Asie, facile pour les coréens, compliquée pour nous autres français (« Mais si, vous le connaissez, c'est Tchoung Tchang, un célèbre peintre chinois du XVème siècle ! »), la seconde partie est sur l'art européen, et là les rôles vont être inversés (« Personne ne connaît ? Vraiement ? — Ben, c'est Versailles ! »)
  • Coréen pour les débutants.